Le Baolgar

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Le Baolgar 2018-03-27T18:22:11+00:00

Le Baolgar

Il y a, bien au sud, par-delà la mer de Scipios, une terre qu’il convient de visiter au moins une fois dans sa vie. Elle n’est point grande, ni glorieuse, ni magnifique, mais elle a quelque chose d’unique qui fait le plaisir des uns et la fortune des autres… Sous son climat chaud et humide, elle tranquillise les esprits préoccupés ou tourmentés, et enivre les plus assoiffés. Certains prétendent que lorsqu’on foule cet endroit, il est difficile d’en repartir. Pour ma part, je n’ai eu aucun problème à reprendre la mer pour m’en éloigner, mais je dois admettre y revenir chaque année avec l’impatience de tous les amateurs de grands crus.

Eh oui, car ne soyons pas aveugles : ce qu’il y a de plus intéressant sur ce petit bout de continent, c’est la Combe de Béléagrine, où s’étendent les plus grands vignobles d’Edenfall. Des immensités à perte de vue, de vignes et d’arbres fruitiers, cœur du commerce des Ododrynes qui peuplent le Baolgar. Ils sont les premiers producteurs de vins et exportent dans le monde entier. Leur savoir-faire est très prisé et la qualité de leurs cultures indéniable. Personne ne peut rivaliser, ce qui explique leur monopole en la matière. Avec la production des vins, viennent les traditionnels fêtes et festivals, auxquels les voyageurs aiment participer. L’année compte quatre rendez-vous incontournables : la Parade de la Feuillaison, les Réjouissances de la Nouaison, la Fête des Vendanges et la Foire aux Vins de Belazur. En ces occasions, les bateaux sont nombreux à accoster. Une foule en liesse arpente les ruelles exiguës et envahit les auberges. Toutes les portes s’ouvrent, une ambiance indescriptible se répand. Le vin aidant, l’humeur est à la joie, aux dégustations, et à tous les plaisirs qu’une vie peut offrir. Alors on ne regarde pas à la dépense et bien souvent, les étrangers les moins avertis peinent à payer leur voyage de retour. Pourtant, tout le monde sait qu’il faut se méfier des Ododrynes.

Non qu’ils soient mauvais, mais ils ont l’escroquerie dans le sang. Le mythe prétend qu’ils tiennent autant des nains que des elfes car ils sont à la fois petits et bougons, graciles et fins. Cela dit, quelle que soit la vérité, ils sont surtout incroyablement pingres et filous. Ce sont même les plus grands tricheurs qu’Edenfall ait connu. Menteurs, voleurs et manipulateurs sans vergogne, il ne faut jamais faire confiance à un Ododryne. En revanche, on peut leur reconnaître une chose : ils ne sont pas violents. Ils sont même plutôt lâches. Donc si vous rencontrez un jour un Ododryne, soyez sûr qu’il ne vous frappera pas dans le dos, mais prenez garde à vos pièces ou ils vous en dépouilleront sans même que vous vous en rendiez compte…

Harggrim,
introduction à « La Vie des Ododrynes »

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